La voiture électrique : déjà rentable ?

L’engouement pour la voiture électrique (VE) est encore timide en France bien que les données du marché s’avèrent encourageantes. La rentabilité de ce véhicule propre est effectivement tributaire de nombreux paramètres de coût, d’usage et de connaissance du public cible.  Alors faut-il l’adopter ou encore attendre ?

Les perspectives positives

Lentement, mais sûrement, la voiture non polluante commence à gagner du terrain sur le marché de l’automobile avec une hausse de 20 % des ventes en 2014. Mieux encore, les services d’immatriculations ont constaté 88 % de progression au 1er trimestre 2015 avec comme vedette la VE 100 % électrique qui devance les hybrides rechargeables.

Ces augmentations devraient encore s’améliorer cette année avec l’introduction du « superbonus » par la ministre Ségolène Royal depuis le 1er avril 2015. Ce complément au bonus écologique offre jusqu’à 6300 € d’aide à l’acquisition d’un véhicule électrique
+ 3700 € si l’acheteur met à la casse une voiture diesel de plus de 13 ans. Les constructeurs y voient déjà un excellent levier pour leurs ventes, à l’image de PSA et Renault qui espèrent ainsi écouler 20 000 VE/an.

peugeot electriqueIls n’ont pas non plus lésiné sur les moyens de promouvoir ce nouveau moyen de déplacement en proposant des offres commerciales plus qu’alléchantes. La C-Zero de Citroën par exemple se loue actuellement à 80 €/mois, et la iOn de Peugeot à 99 €/mois + vélo électrique en cadeau pour les 150 premiers acquéreurs. Une souplesse du prix est par ailleurs envisageable dans la mesure où tous les constructeurs proposent désormais ce genre de véhicule.

Les revers de la médaille

Les observateurs restent plus réalistes malgré les incitations gouvernementales et l’effort des constructeurs. Le frein provoqué par l’autonomie d’environ 130 km restreint encore la cible de la VE aux citadins et petits rouleurs. Le superbonus normalement en vigueur jusqu’à fin 2015 semble également se tromper de cible en incitant la casse d’environ 1,9 million de voitures diesel, utilisé majoritairement par des ménages à revenus modestes.

L’achat d’une VE à 60 000 € (Tesla) serait alors un luxe pour cette clientèle qui plus est habituée à rouler en zone rurale, où il y a le moins de bornes de recharge et où la distance parcourue demeure élevée. Il faudrait ainsi revoir les encouragements en élargissant les critères représentant le profil d’acheteur.

La voiture électrique reste jusqu’ici plus rentable pour les citadins arenaut zoessez aisés qui roulent à moins de 10 000 km/an. Dans ces conditions, une VE peut s’acheter à prix équivalent de celui d’une voiture thermique (exemple Renault Zoé vs Renault Clio IV TCe 90 avec le superbonus, alors qu’elle coûte 30 à 40 % moins cher en termes de frais d’entretien).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *