La crise perturbe les plans européens sur l'environnement


La crise perturbe les plans européens sur l'environnementLes ministres de l'Environnement des Vingt-sept, réunis lundi et mardi à Luxembourg, vont à faire avancer l'UE sur le paquet législatif énergie-climat, qui fixe des objectifs ambitieux à moyen terme en matière d'économies d'énergie, d'énergies renouvelables ou de rejets de dioxyde de carbone. /Photo prise le 4 juin 2008/REUTERS/Javier Barbancho

La crise a continué lundi de peser sur les plans européens en matière d'environnement, l'Italie réclamant l'inclusion d'un mécanisme de révision et d'actualisation du paquet législatif énergie-climat en 2009 en fonction de la conjoncture économique.

A Luxembourg, où les ministres de l'Environnement des Vingt-sept étaient réunis, Jean-Louis Borloo a de son côté tenu à rappeler qu'il existait une volonté forte d'intensifier les travaux pour un accord avant la fin de la présidence française de l'Union européenne, en décembre 2008.

"La préparation de l'avenir est plus que jamais nécessaire", a déclaré le ministre français de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire.

"Il n'est même pas la peine d'aller à Poznan si la démonstration n'est pas faite par l'Europe de sa capacité à avancer", a-t-il ajouté en référence à la réunion qui doit se tenir dans la ville polonaise de 1er au 12 décembre dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Lundi matin, rebondissant sur les déclarations de Silvio Berlusconi lors du Conseil européen, Stefania Prestigiacomo, la ministre italienne de l'Environnement, a déclaré que Rome était prêt à "des négociations réelles sur ce paquet, qui a besoin d'importants changements".

"Nous avons plusieurs demandes de changements, dont l'introduction d'une clause de révision", a-t-elle déclaré, en référence à ce texte qui fixe aux Etats membres de l'UE l'objectif de réduire d'ici 2020 de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et propose d'y arriver à hauteur de 20% via des économies d'énergie et de 20% via le développement des énergies renouvelables.

DOUBLE DISCOURS

Interrogé sur ces déclarations, Jean-Louis Borloo a indiqué qu'il s'agissait "peut être d'une demande implicite".

"L'Italie est comme tout le monde. Il y a des points sur lesquels elle est plus attentive et sur lesquels elle marque son inquiétude", a-t-il dit.

Le ministre suédois de l'Environnement, Andreas Carlgren, a quant à lui estimé que certains Etats membres avaient adopté un double discours pour s'adresser à leurs opinions publiques ou à leurs partenaires européens.

"Il me semble que plusieurs ministres ont été plus critiques dans ce qu'ils ont dit aux médias nationaux que dans les discussions ici", a-t-il déclaré.

L'Italie, qui considère que le plan est en partie inopportun dans un contexte de crise financière, souhaite que les objectifs définis dans le texte puissent être révisés une fois qu'un rapport sur son coût et son efficacité aura été établi en 2009.

Alors que la Commission européenne évalue à 13 milliards d'euros le coût pour Rome de ce plan contre le changement climatique, le syndicat des patrons italiens Confindustria a fait état d'une fourchette allant de 20 à 27 milliards d'euros.

Les Italiens, ainsi que les Polonais et un groupe de pays d'Europe de l'Est, s'étaient déjà livrés à une passe d'armes avec le reste de leurs partenaires de l'UE lors du Conseil européen de Bruxelles, mercredi et jeudi dernier.

Il y avaient notamment réclamé plus de souplesse dans la mise en oeuvre de ce paquet énergie-climat et, alors que la menace d'une récession plane sur les économies européennes, certains avaient également remis en cause implicitement la date butoir de décembre pour parvenir à un accord.

TROIS OU QUATRE POINTS DE DÉSACCORD

Parmi les flexibilités envisagées par la France pour contenter ces Etats membres, ceux-ci seraient autorisés à reporter d'une année sur l'autre une part des réductions annuelles attendues et à échanger entre eux des droits d'émission. Mais la mise en oeuvre de ces flexibilités devra respecter un "équilibre global".

"On a l'impression que c'est compliqué mais, en réalité, il y a juste trois ou quatre points de désaccords à traiter", indiquait-on lundi au sein de la présidence française de l'UE.

Même s'il appartiendra aux chefs d'Etat de trancher sur une éventuelle aide au secteur automobile pour l'aider à réaliser les objectifs qui lui seront assignés en matière de respect de l'environnement par le paquet énergie-climat, cette question figurait au menu des discussions des ministres de l'Environnement lundi et mardi à Luxembourg.

De source britannique, on indiquait lundi qu'un accord en la matière était envisageable dans un avenir "proche".

Faisant référence à un plan similaire décidé fin septembre aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy s'était dit jeudi favorable à cette idée, rejoignant en cela Silvio Berlusconi. La Chancelière allemande Angela Merkel s'est jointe à eux au cours du week-end.

Quelques jours plus tôt, le président français avait annoncé un plan d'investissement de 400 millions d'euros dans le domaine des véhicules propres, électriques et hybrides.

Edité par Jean-Loup Fievet
Source : Lepoint.fr

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