Suppressions d'emploi, chômage partiel et réduction de production, perspectives revues à la baisse... Touchés par les limitations de crédit et le ralentissement économique qui pèsent sur les ventes, les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants subissent les effets de la crise financière et du ralentissement économique. Depuis plusieurs jours, les patrons multiplient les mises en garde pour l'avenir.
Le président des groupes français Renault et japonais Nissan, Carlos Ghosn, prévient que le secteur doit "se préparer à affronter des turbulences durant une période relativement longue". Pour 2009, il prévoit une situation du marché "au mieux mitigée", et une possible prolongation en 2010. Une analyse partagée par son homologue de PSA Peugeot Citroën Christian Streiff. Selon lui, la crise "va affecter de façon croissante (...) l'industrie automobile". Ferdinand Piëch est encore plus alarmiste. Le président du conseil de surveillance de Volkswagen et copropriétaire de Porsche prédit une "traversée du désert".
Aux États-Unis, la "traversée du désert" a déjà commencé. Les constructeurs réduisent leurs effectifs alors que les ventes de véhicules sont en chute libre. Chrysler va supprimer un quart de ses effectifs administratifs, allant jusqu'à 5.000 postes, après une première série de 1.000 suppressions de postes annoncée dès juillet. La situation n'est pas meilleure chez General Motors, qui planifie des licenciements secs pour les mois qui viennent, en dépit du succès d'un guichet départs lancé cette année. Il faut dire que les constructeurs américains ont largement souffert de l'inadéquation de leur gamme à la nouvelle demande du consommateur américain pour des voitures moins gourmandes en carburant et rejetant moins de CO2.
Les constructeurs japonais ne sont pas épargnés, loin de là. Honda a rapporté une baisse des ventes et du bénéfice au premier semestre, clos en septembre, et a revu en baisse ses prévisions annuelles. Quant à Toyota, elle enregistre une baisse de plus de 4 % de ses ventes au deuxième trimestre, une première depuis sept ans.
Pour éviter le gonflement des stocks de voitures alors que la demande chute, un élément très coûteux pour les constructeurs, ceux-ci mettent en place des programmes de réduction de production en recourant au chômage partiel. Les deux groupes français, Renault et PSA, ont annoncé la semaine dernière une telle réduction de production en Europe au quatrième trimestre, de 20 % pour le premier et de 30 % pour le second (voir notre infographie).
Dans la foulée des constructeurs, leurs fournisseurs réduisent la voilure. Des équipementiers de l'ouest, NTN Transmission Europe, Hutchinson, Paulstra et les Fonderies du Poitou prennent des mesures de chômage partiel touchant plusieurs milliers de salariés. Ces dernières ont mis au chômage technique pour toute la semaine les 1.100 salariés de l'entreprise basée à Ingrandes dans la Vienne. Plusieurs autres entreprises de la région liées au secteur automobile ont également pris des mesures de chômage partiel : Fabris (pièces mécaniques, 372 salariés) et Valéo (composants, 750 salariés) à Châtellerault, ainsi qu'Autoliv Iso Delta, fabricant de volants (792 salariés) à Chiré-en-Montreuil. Pour certains sous-traitants, l'heure est déjà à la cessation de paiements, comme le plasturgiste Ranger France, qui emploie plus de 400 personnes dans l'Ouest.
Dans ce contexte dégradé, l'agence de notation financière Moody's a annoncé lundi avoir abaissé d'un cran les notes de leur dette à long terme de Renault et PSA. L'agence Standard and Poor's avait déjà abaissé vendredi la note d'endettement à long terme de Renault de "BBB+" à "BBB". Voilà qui devrait encore moins les aider à traverser la crise de manière sereine.
Source : Lepoint.fr
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